À première vue, il s’agit d’une tournée d’inspection. En réalité, le déplacement, ce lundi 27 juillet du vice-Premier ministre des transports, Jean-Pierre Bemba, à Bunia, Lubumbashi et Kananga raconte une ambition plus vaste : faire des infrastructures aéroportuaires l’un des piliers de la transformation économique et de l’intégration territoriale de la République démocratique du Congo.
Dans un pays aux dimensions continentales, où les routes demeurent insuffisantes pour relier efficacement les provinces, l’avion reste souvent le moyen le plus rapide, parfois le seul, pour connecter les grands centres économiques et administratifs. Moderniser les aéroports revient ainsi à rapprocher les territoires, fluidifier les échanges et renforcer la présence de l’État.
À Bunia, en Ituri, le chantier est particulièrement symbolique. Au-delà de la construction d’une nouvelle plateforme, c’est toute une province marquée par l’instabilité qui prépare son ouverture économique. Jean-Pierre Bemba y a insisté sur la levée des principaux obstacles au projet, notamment l’indemnisation des occupants de l’emprise aéroportuaire et la délocalisation des installations de la MONUSCO, conditions indispensables au respect du calendrier.


À Lubumbashi, l’enjeu est d’une autre nature. Capitale économique du Grand Katanga, la ville constitue l’une des principales portes d’entrée des investisseurs et des opérateurs miniers. La modernisation de son aéroport vise à accompagner cette dynamique en renforçant les capacités d’accueil des passagers et du fret, tout en rapprochant la plateforme des standards internationaux.
À Kananga, le futur terminal répond à une logique de désenclavement. Pour le Kasaï-Central, disposer d’une infrastructure moderne signifie améliorer la mobilité des populations, faciliter les échanges commerciaux et attirer davantage d’investissements vers une région au fort potentiel.


Ces trois chantiers s’inscrivent dans une vision nationale dont la pièce maîtresse demeure l’aéroport international de N’Djili, à Kinshasa.
Véritable porte d’entrée de la RDC, cette plateforme concentre l’essentiel du trafic international. Sa modernisation doit permettre d’améliorer la qualité des services, de renforcer la sécurité aérienne et de consolider le positionnement de Kinshasa comme hub régional en Afrique centrale.
En parcourant successivement Bunia, Lubumbashi et Kananga, le VPM Bemba a délivré un même message aux entreprises et aux autorités locales : les délais devront être respectés. Car derrière ces infrastructures se joue bien davantage que la construction de nouvelles aérogares.
C’est la capacité de la RDC à mieux connecter ses provinces, attirer les investissements, soutenir la croissance et affirmer son intégration dans les réseaux économiques régionaux qui est en chantier.
Politiquerdc.net






















































