Les téléspectateurs de TV 5 Monde habitués à suivre l’édition du journal Afrique chaque jour à 21h30,auront plutôt passé une vingtaine de minutes pour suivre ce samedi 28 juillet 2018, le sénateur Jean-Pierre Bemba, président national du Mouvement de Libération du Congo (MLC).
En effet, durant plus où moins 25 minutes d’entretien à batons rompus ,le candidat président investi du MLC a capté l’attention , notamment de plusieurs centaines des millions de congolais et africains sur ses moments historiques vécus en détention à la Cour Pénale Internationale, ses ambitions politiques pour la République Démocratique du Congo, son projet de société , mais aussi sa vision sur les relations avec les pays voisins de la RDC.
Jean-Pierre Bemba ne regrette pas du tout le temps perdu en prison. Son seul souci était d’abord pour sa famille biologique qui ressentait en premier lieu, la peine de sa privation de liberté .
Les dix ans de détention lui auraient permis de comprendre danvatage et de murir sa vision pour le Congo. Même les nombreux debauchages de certains anciens cadres de son parti ne l’auraient pas du tout affecté. Il assimile la transhumance Politique ,du reste commencée depuis la deuxième République au manque de vision et d’engagement politique.
« Le MLC est le seul parti qui n’a jamais participé à aucun gouvernement de Kabila. Tout ça par ce que notre vision de gérer ce pays n’est pas la même que celle de Joseph Kabila », a précisé le chairman du MLC.
L’ancien vice-président de la République dit avoir acquis surtout de la « patience » comme élément important durant le temps passé en prison.
« J’avais souvent tendance à s’attendre d’un résultat tout de suite, mais là, j’ai compris qu’il faudrait avoir un peu plus de la patience dans ce que je dois entreprendre comme projet pour mon pays », a-t-il déclaré.
Pour lui, une fois élu président de la République,sa première mission sera de rétablir la sécurité dans le pays.
Il en veut pour preuve, son expérience ayant servi-dit-il, à éradiquer à son temps, la présence de certains groupes armés à l’Est du pays. Il cite notamment le cas du conflit Hema et Lendu dans l’actuelle province de l’Ituri dont il affirme avoir mis fin en 2001.
Démocratie
Sur le plan de la démocratie, en réponse à ceux qui l’accusent de dictateur ,de quelqu’un qui aurait toujours tendance à imposer ses idées, Jean-Pierre Bemba appelle plutôt les acteurs politiques à se référer à son expérience de la gestion administrative pendant la période de rébellion.
« … alors que j’étais encore chef rebelle, tous les administrateurs des territoires étaient votés démocratiquement par la population. Je n’avais jamais nommé un responsable d’une entité sous le contrôle de mon mouvement. Vous pouvez vous renseigner à Lisala, Bumba, Gbadolite ,Bansakusu, Gemena…tous les administrateurs et maires de Territoires et villes étaient votés. Alors qui est démocrate ! S’exclame le candidat président du MLC.
Jean-Pierre Bemba reste visiblement préoccupé et compte plutôt se servir de ses atouts d’ancien vice-président de la République et de chef rebelle, mais aussi de ses 10 ans de détention préventive à la CPI, pour réformer l’économie , finances , organiser l’administration fiscale en instaurant une certaine traçabilité dans la chaîne des dépenses des finances publiques du pays, chose qu’il estime que le pouvoir en place n’a pas pu faire durant les 11 ans de son absence au pays. Il envisage également comment utiliser la main d’oeuvre de près de 80 millions de la population congolaise pour le développement du pays.
Relations avec les voisins
Jean-Pierre Bemba ne compte pas du tout se lancer dans une guerre sans lendemain contre tous les pays voisins de la RDC qui subissent les conséquences directes de toute situation malheureuse d’insécurité dans le pays.
D’après le sénateur élu de Kinshasa, il est plutôt question de discuter avec tous les voisins dans le respect strict des intérêts des uns et des autres ; chercher à comprendre le vrai problème de part et d’autre et en trouver une solution.
Elégibilité
Au sujet de la problématique de son égibilité ou non à la prochaine présidentielle, Jean-Pierre Bemba pense que celle-ci ne pose aucun problème. Son absence de 11 ans au pays est simplement un cas de force majeur. Aussi ajoute -t-il, il n’existe aucun élément juridique qui peut l’empêcher de concourir à la prochaine présidentielle en RDC.
Unité de l’opposition
Sur cette question, le président du MLC a aussi réitéré son engagement de discuter avec les autres responsables de l’opposition dans le but de dégager un consensus politique sur la candidature commune de l’opposition à l’élection présidentielle du 23 décembre prochain. Cela afin d’espérer à la victoire. Ce consensus ne devrait non pas nécessairement se dégager pour sa personne, mais aussi pour quelqu’un d’autre qui serait désigné par l’opposition.
Jean-Pierre Bemba qui dit n’avoir jamais entendu le président Joseph Kabila dire qu’il briguerait un troisième mandat présidentiel et non plus suivi le contraire de la part de son ancien challenger au deuxième tour des présidentielles de 2006, pense que le faire serait un désastre pour le pays. Ce concept qu’il a utilisé dernièrement lors de sa première conférence de presse animée le mardi dernier à Bruxelles, sans pourtant en dévoiler exactement le contenu.
Sous un air visiblement convainquant, Jean-Pierre Bemba souligne garder de feu Maréchal Mobutu le symbole indiscutable de l’unité nationale et de la non tribalisation de l’administration publique , contrairement , avance -t-il , à ce qui se passe actuellement au pays.
Cour Pénale Internationale
Sur la question de sa vision sur la nécessité de la poursuite des criminels africains au niveau de la Cour Pénale Internationale,le sénateur Jean-Pierre Bemba reste lui formel sur le fondement juridique ayant motivé la création de cette Institution judiciaire Internationale.
Jean-Pierre Bemba souligne que le MLC, son parti avait voté en 2004 pour la ratification au parlement de transition, le traité instituant les statuts de Rome de la Cour Pénale Internationale. Pour lui, la CPI est une institution importante qui, à son avis ,doit exister. Cependant, il attire l’attention de la communauté internationale sur l’équité dans la procédure et pense qu’il faudrait éviter de cette institution la partialité dont sont victimes certains détenus, allusion faite certainement à lui-même qui a été acquitté et lavé de tout soupçon après avoir purgé gratuitement 10 ans de détention, loin de sa famille.
Un vrai moment d’échange exclusif qui étale au clair, la vision du développement de la RDC contenue dans l’ambitieux programme du Candidat Président de la république Jean-Pierre Bemba .
Jean Médard LIWOSO/M.Koyakpa
























































