La construction des sauts – de – mouton dans la ville de Kinshasa est considérée comme le premier projet palpable de l’avènement de Felix Tshisekedi. Cette initiative est en voie de matérialisation dans la capitale du pays et elle a été lancée à peine deux mois que le nouveau chef de l’État venait de succéder à Joseph Kabila.
Aussitôt entrepris, ce projet a fait rêver nombre de kinois, notamment dans les milieux de l’udps – le parti présidentiel – que la solution de désengorgement de la ville, en proie aux difficultés de circulation routière serait trouvée. Les militants de l’udps étaient flattés de voir que ce soit un des leurs qui vienne trouver la solution à ce sempiternel problème.
Du coup, les usagers des tronçons choisis ont dû prendre leur mal en patience dans l’espoir de voir tous ces ouvrages en construction venir améliorer leur quotidien au terme du délai de 7 mois annoncés. Ce délai a cependant été prolongé à plus d’une fois. Annoncée initialement pour fin septembre, la livraison de ces ouvrages a été repoussée pour fin décembre avant de l’être à nouveau pour le 30 janvier. Malgré tout, aucun rendez-vous n’a été respecté; même l’inauguration du chantier de Kinsuka – le premier de la série – n’a jamais été honorée par les autorités. Les 7 ouvrages sont inachevés à cette date, selon les normes de l’art.
Si Vital Kamerhe – le tout puissant directeur de cabinet du chef de l’état – évoque le problème de financement par le ministre des finances Sele Yalaguli, un technocrate issu des rangs du Pprd de Joseph Kabila et ancien directeur de cabinet du premier ministre Matata Ponyo, parle plutôt de la nécessité de l’évaluation du niveau de décaissement en rapport à l’état d’avancement du travail accompli. Il semble que le niveau des travaux accomplis sur le terrain soit en deçà du montant consommé.
Problème politique ? Escroquerie d’État Ou détournement de deniers publics ?
Autant de questions qui traversent la mémoire de plus d’un observateur.
Sauts-de-mouton : une aggravation de la misère des Kinois ?
Alors que les Kinois – du moins la majorité d’entre eux – ont toujours éprouvé de sérieuses difficultés de circulation dans la ville, la construction des Sauts-de-mouton vient « d’aggraver à 500 % le calvaire de transport dans la capitale congolaise », déplore un fonctionnaire de l’état.
En effet, à travers un vox-pop réalisé ce mercredi 5 février 2020 par politiquerdc.net, les Kinois sont unanimes sur le fait que rien ne va plus dans ce secteur.
« Avant la construction des sauts-de-mouton, je quittais chez moi avec 1000 FC de transport couvrant l’aller et le retour entre Masina et le centre ville( la commune de Gombe, ndlr), mais à ces jours, il me faut débourser au moins 7000 FC chaque jour, car je dois par moment prendre des motos pour arriver au travail. En plus de cet argent, je dois à chaque fois quitter la maison à partir de 5 heures du matin pour espérer arriver en ville aux environs 10 heures », s’est confié Seleo , un changeur de monnaie à la gare centrale.
« Moi, j’habite Joli Parc, dans la commune de Ngaliema. Lorsque ma voiture tombe en panne, il me faut dépenser au moins 8 000 FC pour arriver dans mon bureau, ici à Gombe. Je paye le Taxi-moto à 1500 FC pour sortir de chez moi jusqu’ au centre de « magasin », dans la commune de Kintambo et de là, je prends encore une autre moto avec 2500fc pour atteindre le rond Point Forescom. Et je fais pareil pour mon retour à la maison », témoigne pour sa part, un agent à la Procredit-Bank.
» je n’arrive plus à économiser quelque chose pour acheter les pains à mes enfants, car je suis obligé de tout dépenser dans le transport. Parfois, c’est ma femme qui me dépanne pour l’argent de transport. C’est extrêmement grave », affirme de son côté, un infirmier rencontré sur le boulevard du 30 juin, dans la commune de la Gombe.
Somme toute, le retard enregistré au sujet de la construction des Sauts-de-mouton à Kinshasa a sensiblement déstabilisé nombre de foyers étant donné que les maigres économies d’une population qui souffre déjà de l’impayement de salaire sont englouties au déplacement vers le lieu de travail ou la recherche d’emploi. Cette situation peut – à en croire certaines sources – révolter la population dont les nerfs sont encore soumis à rude épreuve depuis l’avènement de nouvelles autorités, et conduire à des manifestations populaires si l’on y prend pas garde dans les jours à venir. En attendant, il faudra encore compter plusieurs mois pour la poursuite et l’achèvement de ces sauts-de-moutons aujourd’hui à l’état d’arrêt.
JML


























































