la Lutte pour le Changement – LUCHA en sigle – exige un jugement en procédure de flagrance et en audience publique du meurtrier de l’un de ses membres tombé sous le coup de balle ce jeudi 21 mai à Béni.
Elle demande également des enquêtes sur le meurtre de Obandi Muhindo Kanzongha et d’autres manifestants du mouvement, victimes de la barbarie policière à Beni, Oicha et Butembo en 2019.
La lutte pour le Changement adresse aussi la requête au gouvernement congolais et à la Mission d’Observation de Nations Unies en RDC, la MONUSCO, de tout mettre en œuvre pour protéger de manière effective les populations de l’Est du pays.
Freddy Kambale s’ajoute à la longue liste macabre des congolais dont la vie a été fauchée à l’Est de la RDC, suite à l’insécurité et la barbarie policière, sous le nez de la MONUSCO et à la Barbe du gouvernement congolais.
la Lutte pour le Changement, mouvement citoyen pro démocratie et de défense des droits l’homme a publié ce soir un communiqué à cet effet, dans le but d’éclairer l’opinion publique nationale et internationale. Ce communiqué donne des précisions sur les circonstances de décès de Freddy Kambale Luhindo à Beni ce matin. Ci-dessous son intégralité.
MEURTRE DU MILITANT Freddy KAMBALE LUHINDO
Communique numéro no LUCHA/2020007
Notre camarade Freddy KAMBALE LUHINDO a été tué d’une balle dans la tête
par la police ce jeudi matin 21 mai 2020 au stade de Kalinda, en ville de Beni
alors qu’il participait à une manifestation pacifique pour dénoncer la résurgence
de massacres de civils et les assassinats répétitifs dans la ville et le territoire de
Beni ces dernières semaines.
Au cours de la même répression, un autre camarade a été blessé tandis que 20 ont
été arbitrairement arrêtés par la police avant d’être relâchés en fin de journée.
Contrairement aux allégations des responsables de la police nationale congolaise
au Nord-Kivu, cette manifestation était totalement pacifique. Nous n’avons posé
aucun acte pouvant justifier qu’un policier dégaine son arme et tire sur nous à
bout portant, avec l’intention manifeste de tuer. Bien plus, la police n’est pas cen-
sée utiliser des armes à feu pour encadrer ou disperser une manifestation paci-
fique.
Freddy KAMBALE LUHINDO était âgé de 20 ans. Il était troisième d’une fa-
mille de cinq enfants, et était élève en cinquième année secondaire, section élec-
tricité, à l’Institut Technique Industriel de Kasabinyole à Beni. Freddy avait re-
joint la LUCHA en décembre 2019, poussé par la révolte qu’avait suscité en lui le
meurtre, toujours par la police et dans les mêmes circonstances, de notre cama-
rade Obadi Muhindo Kanzogha (tué le 23 novembre 2019 lors d’une manifesta-
tion pacifique pour demander la paix à Beni). Freddy était un jeune homme intel-
ligent, plein d’énergie, mais par-dessus tout il aimait profondément son pays et ne
supportait pas de voir le sang de ses frères et sœurs couler à Beni et ailleurs dans
l’indifférence.
Freddy devient ainsi le deuxième militant de la LUCHA tué par la police en l’es-
pace de six mois. La police a annoncé avoir arrêté son meurtrier, mais comme
pour Obadi Muhindo dont le meurtrier n’a toujours pas été jugé, nous craignons
que cela ne reste qu’un effet d’annonce.
1. Nous dénonçons ce énième meurtre d’un manifestant pacifique à mettre au
compte d’une structure sécuritaire défaillante et de l’impunité dont les auteurs
et leurs supérieurs hiérarchiques ont trop souvent bénéficié.
2. Nous exigeons le jugement en procédure de flagrance et en public de l’auteur
du meurtre de notre camarade, ainsi qu’une enquête judiciaire rapide et crédible
sur d’éventuels ordres ou défaillances au niveau de la chaîne du commande-
ment de la police et des autorités administratives car ce n’est pas un hasard si
les policiers sont venus gérer une manifestation pacifique avec des armes à feu
chargées de munitions, et cela est récurrent.
3. De même, nous demandons à ce que le meurtre d’Obadi Muhindo Kanzogha et
d’autres manifetants à Beni, Oicha et Butembo en novembre 2019 soit égale-
ment élucidés et ses auteurs matériels et moraux jugés sans plus de délai.
4. Nous exigeons la suspension immédiate du commandant de la PNC et du Maire
de la ville de Beni pour avoir failli depuis longtemps à leur mission de protec-
tion des manifestants pacifiques et de la population en général.
5. Enfin, nous demandons au gouvernement congolais et à la MONUSCO de tout
mettre en œuvre pour protéger de manière effective la population civile contre
les massacres et d’autres exactions dans la région de Beni, mais aussi en Ituri et
partout ailleurs. A cet égard, il est urgent d’évaluer froidement l’efficacité des
opérations militaires lancées dans la région de Beni en octobre 2019 afin de
comprendre pourquoi les massacres continuent et de corriger ce qui doit l’être.
Car, malgré les sacrifices indéniables de nos militaires, les massacres persistent.
Fait à Beni, le 21 mai 2020,
Pour la LUCHA
La cellule de communication



















































