Malgré le déploiement excessif des militaires armés et policiers devant les paroisses, les points chauds, les grandes artères caractérisées par des barrières et fouilles systématiques des véhicules, les kinois ont répondu massivement à l’appel du comité laïc de coordination de l’église catholique.
En effet ,des églises catholiques ont accueilli du monde dès 6 heures du matin.
A la cathédrale Notre dame du Congo située dans la commune de lingwala, la messe s’est déroulée correctement .
Mais simplement voilà, qu’à la fin , effrayé certainement par la forte présence des forces de l’ordre qui ont fait irruption dans la l’enceinte de l’église, le curé va demander aux laïcs de ne pas sortir de l’église.
Un message visiblement mal perçu par les chrétiens qui semblaient déterminer à défier les forces de sécurité.
Ici, quelques laïcs- militants ont été davantage choqué de voir Félix Tshisekedi partir à bord de sa jeep malgré l’insistance de quelques partisans qui souhaitent le voir diriger la foule à l’absence des prêtres.
Le président du rassemblement aurait joué à la prudence pour éviter de tomber dans le piège du régime a dit à votre média un proche de Félix Tshisekedi.
« Je suis dessus de ce qui se passe maintenant, car je m’étais préparé moralement pour la marche d’aujourd’hui. .. » s’est ainsi confié le député Fabien Mutomb de l’Udps.
A la paroisse Saint Dominique située sur la 13e rue limete, les fidèles n’ont pas été également autorisé à marcher.
Mais alors qu’ils voulaient se diriger vers la grotte à la demande du curé de cette paroisse pour une prière de bénédiction , ils ont tout de suite été dispersé à coups de gaz lacrymogènes et des balles réelles .
Ici , le bilan fait état de 4 blessés dont le père vicaire Jean Kongolo touché à sa joue gauche par les éclats de gaz lacrymogènes, deux femmes dont l’une touchée au front et l’autre à la jambe gauche et un petit garçon de 11 ans blessé au visage, sont actuellement internés à l’hôpital Saint Joseph de la 14e rue limete.
Toutefois, les quelques laïcs qui ont tenté de marcher ont été dispersés au niveau de la 7e rue limete nous a fait savoir le député Alexis Lenga , secrétaire général adjoint du mlc qui témoigne avoir marché avec ce groupe. Pour lui, la place commerciale de limete devrait servir de leur point de rassemblement.
A la paroisse Don Bosco de Masina, trois personnes touchées par balles ont été acheminé à l’hôpital Kimbaguiste de Masina petro-Congo et un blessé grave touché à la hanche a succombé en cours de route pendant que l’on tentait de l’acheminer dans une grande formation hospitalière.
A la paroisse Saint Joseph de Matonge, les fidèles laïcs ont réussi à marcher jusqu’au rond point victoire avant d’être dispersés par les gaz lacrymogènes et quelques tirs à balles réelles des militaires. Ici, les témoignages font état de 10 blessés.
Martin Fayulu qui se trouvait dans cette équipe a déclaré à politiquerdc.net que la légitimité issue de l’accord venait de prendre fin et que désormais la population doit rester mobiliser pour le départ de Joseph Kabila à la tête du pays.
Notre consoeur Florence de la Rfi interpellée pendant une vingtaine de minutes a été relaxée après la photocopie de sa lettre d’accréditation.
A la paroisse Saint Luanga de Bandalungwa, les laïcs ont réussi également à marcher avant d’être dispersés au niveau du rond point Molart, nous a confirmé Désiré Mbonzi Wa Mbonzi du Mlc qui était dans cette équipe.
Cependant, à la paroisse Saint Michel toujours de Bandalungwa , ou se trouvait Vital Kamerhe de L’ unc, la ceinture militaire n’a même pas permis aux chrétiens de faire un pas. Ici , les forces de l’ordre ont lancé des gaz lacrymogènes dans l’église. Toute la zone encerclée par les militaires Fardc a été inaccessible à la presse.
A la paroisse Saint Gonza de Kingabwa Limete, à la suite du mot d’ordre du curé , les chrétiens ont réussi à marcher jusqu’à sur la route Poids Lourds. Ici , les chrétiens ont été fortifiés également par l’intervention de la secrétaire générale du Mlc , madame Eve Bazaiba , qui a eu l’opportunité d’exhorter les laïcs présents à marcher pacifiquement avant de prendre la tête du peleton de marcheurs. Ce groupe de Eve Bazaiba dont on pouvait également voir le sénateur Masudi a été rejoint un peu plus tard par Jean Marc Kambund, secrétaire général de l’Udps.
Le groupe a été sauvagement dispersé et brutalisé par les forces de l’ordre.
On parle de 1 mort et quelques blessés ainsi que des arrestations d’une dizaine de manifestants.
A l’église Saint François de Sales de Kintambo, les chrétiens ont été effectivement dans la rue . En dépit des gaz lacrymogènes et autres menaces des forces militaires, les laïcs ont réussi à faire quelques pas . Ici, notre confrère Edmond Ezuba de cas infos en plein travail a été tabassé par un militaire bien identifié. Le confrère promet de déposer une plainte ce mardi auprès de la justice.
Bilans
Comme il fallait s’y attendre , pourtant pacifique, la marche de ce 31 décembre 2017 a fait couler du sang des Chretiens catholiques .
Sur le plan officiel, les autorités policières dressent un bilan de 4 morts dont un policier, destruction d’une partie de la maison communale de Masina et évasion de quelques détenus du cachot du commissariat de cette commune.
Alors que la Monusco parle de 5 à 7 morts , plusieurs blessés et une centaine d’arrestations. Cependant, le comité de laïc de coordination avance un bilan provisoire de plus de 10 morts.
Vers 13h de ce dimanche 31 décembre, politiquerdc.net a pu voir de ses propres yeux, 7 blessés internés à l’hôpital Saint Joseph de Limete.
Interviewé à cet effet , le médecin directeur de cet hôpital a révélé à politiquerdc.net que tous les cas sont sous contrôle. Sauf que, l’hôpital ne dispose pas assez de produits pharmaceutiques pour faire face à tous ces cas, ce dont il en appelle à l’intervention des autorités compétentes.
Il est vrai que le régime aura réussi à mater les chrétiens à travers les dispositifs sécuritaires mis en place avec toutes les conséquences possibles, mais l’opinion retiendra également que les fidèles catholiques appuyés par les militants des partis politiques ont démontré de leur détermination à défendre leurs destins en dépit de tous les moyens d’armements deployés.
Pour certains observateurs, si le déploiement constaté ce dimanche 31 décembre dans la ville de Kinshasa était appliqué notamment à l’est du pays, on y parlerait plus jamais d’infiltration des rebelles sur le sol Congolais .
Jean Médard LIWOSO




















































