« Nous sommes très préoccupés de voir l’insistance de la commission électorale nationale indépendante à vouloir utiliser un système électronique de vote qui n’a jamais été expérimenté en rdc. Nous comprenons que la commission n’a jamais testé ce système électronique en Rdc , mais prévoit de déployer cette technologie pour la première fois le jour du scrutin. Ce système peut entamer la crédibilité des élections pour lesquelles les gens y ont travaillé dur pour parvenir à leur réalisation » , c’est en effet la déclaration faite par l’ambassadrice des Usa à l’ONU, ce lundi 11 février 2018 à l’occasion d’une réunion informelle centrée sur le processus électoral en cours en République Démocratique du Congo .
Pour Nikki Halay cité par AFP , le recours à un tel système représente un grand risque. Voilà pourquoi les États-Unis souhaitent le recours à l’ancien système manuel, c’est -à -dire le vote par les bulletins papiers afin d’éviter les doutes sur le résultats électoraux a poursuivi la diplomate américaine . Et de renchérir, les États-Unis ne soutiennent pas le recours à un système électronique.
Par l’occasion Nikki Halay a rappelé la position des usa estimant que l’Amérique ne pourra pas permettre un nouveau report des élections et que le président Kabila ne pourrait briguer un nouveau mandat conformément à la constitution en vigueur .
La déclaration de Nikki Halay a été faite notamment en présence de Corneille Naanga, président de la Ceni invité à cette rencontre de New York. Un canal approprié pour canaliser le message de la première puissance mondiale dans les oreilles du pouvoir de Kinshasa.
Cette prise de position des usa intervient au moment où presque l’opposition congolaise était essoufflée face à l’option irréversible de la ceni visiblement soutenue par la majorité au pouvoir de vouloir utiliser coûte que coûte la machine à voter. En témoigne d’ailleurs, la campagne de sensibilisation de la population sur l’utilisation de ladite machine à voter lancée par la centrale électorale. Et ce, en dépit de plusieurs déclarations de contestation de l’ensemble de l’opposition, la société civile et de nombreux experts électoraux sur l’impossibilité de recourir à cette machine à voter qui n’est rien d’autre que l’un des systèmes de vote électronique prohibé par la dernière loi électorale promulguée par le président de la république depuis le 25 décembre 2017. En plus de cela, le désenclavement du pays qui est dépourvu des infrastructures adéquates ( difficulté de la desserte en électricité) dont la couverture nationale est estimée à moins de 20%.
La ceni et son « laboratoire politique » vont -ils changer de position en abandonnant l’option de cette fameuse machine à voter ? Va -t-elle après avoir défié l’opposition congolaise, faire également fi à cette prise de position d’un état démocratiquement 100 ou 1000 fois expérimenté que la Rdc ?
Difficile de prédire sur la suite des événements.
Cependant, une chose est vraie, Nikki Halay qui avait calmé la tempête pour permettre au régime Kabila de franchir 2017 , aura apporté un peu de souffle à l’opposition congolaise appelée à s’accrocher de cette déclaration américaine pour enterrer définitivement la machine à voter dont la ceni donne l’impression d’en faire une question de vie ou de mort.
Jean Médard LIWOSO




















































