Les résultats des derniers scrutins en RDC continuent de susciter la controverse. Et la simple évocation de la vérité des urnes aujourd’hui dérange certains, même parmi ceux qui ont fait de cette réclamation leur leitmotiv à l’issue des élections de 2011.
Tout discours de la vérité des urnes mettant en doute la victoire de Félix Antoine Tshisekedi à la dernière présidentielle est imbuvable, car considéré comme une offense et susceptible de conduire son auteur devant les cours et tribunaux.
Et pourtant, faute de preuves irréfutables – en l’occurrence, les procès verbaux des dépouillements, bureau par bureau – le doute persistera.
Jean-Pierre Lisanga Bonganga – ministre d’État honoraire du gouvernement précédent et coordonateur du mouvement « congolais Telema »- une structure d’appui à la plateforme politique Lamuka, pourrait prochainement avoir à répondre de ses propos devant la justice pour avoir insisté dessus, à l’occasion de ses deux conférences de presse tenues les 12 et 16 septembre dernier à Faden Hause (kinshasa). Sans froid aux yeux, il avait affirmé haut et fort que c’est bien Martin Fayulu qui fut le véritable gagnant de la dernière présidentielle.
Me Franck Kalolo dont l’adresse du barreau n’est pas connue du grand public , mais visiblement identifié comme un partisan du cach – la plateforme du président de la République – est l’initiateur de la plainte déposée ce mardi 1 octobre 2019 au Parquet Général près la Cour d’Appel de Kinshasa/Gombe contre Lisanga Bonganga.
Dans sa plainte, Franck Kalolo accuse l’ancien ministre du gouvernement Bruno Tshibala de créer la « confusion au sein de la population » et de « paralyser » les institutions du pays en soutenant que Martin Fayulu Madidi était le vrai vainqueur de la présidentielle de décembre 2018 et qu’à ce jour, la RDC a 3 présidents de la République.
Pour le plaignant, les propos de cet allié de Lamuka et proche de Martin Fayulu sont constitutifs de l’infraction de « provocation » et de « l’incitation » à des manquements envers l’autorité.
De son côté, depuis le Sénégal où il séjourne dans le cadre des contacts en vue de la sortie de crise politique en RDC, Jean-Pierre Lisanga Bonganga se dit plutôt serein.
« (…)Je ne me reproche de rien. Je n’ai pas violé les lois de mon pays. Je m’assume et confirme avoir tenu ces propos. Corneille Naanga est mon témoin et témoin du peuple congolais. Nous sommes en politique, on doit éviter de piétiner nos lois. Bientôt, je serai de retour au pays pour savoir ce dont on me reproche concrètement « , a déclaré Jean-Pierre Lisanga Bonganga joint par politiquerdc.net.
En avril dernier, on s’en rappelle encore, une plainte similaire avait été déposée auprès du procureur général près la cour de cassation contre Martin Fayulu pour une présumée incitation à la haine ethnique par un autre avocat proche du pouvoir de Kinshasa. Elle semble avoir été classée sans suite, du moins jusqu’à ce jour.
Sans juger sur l’existence réelle ou pas de ce délit, la question de la recevabilité de cette plainte reste entière étant donné que l’intérêt du plaignant à l’affaire reste à démontrer.
Rédaction


























































