Dans son discours sur l’état de la Nation prononcé le jeudi 13 décembre 2019 – devant les deux chambres du parlement réunies en Congrès – le président de la République Félix-Antoine Tshisekedi avait tenu à rassurer le peuple, soit sur les décisions déjà prises, soit par de nombreuses promesses.

Au nombre des actions engagées, il a donné à croire qu’un changement fondamental avait été entrepris au sein des unités de l’armée déployée au front de Beni, et plusieurs autres sites en proie à l’insécurité.
Il se trouve que la réalité sur le terrain contraste avec les propos du Chef de l’Etat.

Stratégie militaire ou tout simplement un discours démagogique visant à séduire la population de Béni ?

C’est en effet, toute la question que se posent certains observateurs.

En effet, d’après une petite enquête réalisée par politiquerdc.net sur place à Beni, auprès des sources sécuritaires et des notables du terroir, le remplacement des éléments des FARDC, Forces armées de la République Démocratique du Congo de Beni tel qu’avait demandé la population de ce coin du pays n’a pas retenu l’attention des autorités, car de nombreux anciens militaires commis dans cette zone sont encore en place.

D’après les sources militaires, l’on ne pouvait pas relever tout le monde au même moment dans une zone opérationnelle et en pleine guerre .

Toutefois, la population de Beni confirme avoir réellement observé l’augmentation numérique des troupes militaires dans la zone – surtout les commandos – venus s’ajouter à ceux qui s’y trouvaient, alors que la demande consistait à relever les anciennes unités.

Sur place à Beni par exemple, l’on signale au-moins 20 mille hommes qui mènent la traque des groupes rebelles, dont les ADF.

Malgré cette opération de grande envergure, les ADF ne cessent d’accentuer les actes de carnage des civils.

Le cas le plus récent est celui du massacre d’au moins 11civils, à 20 heures dans la journée de dimanche 15 Décembre, à Watalinga, en territoire de Beni , mais aussi à Rwangoma, un des quartiers de la ville de Beni qui avait occasionné 5 morts le samedi 14 Décembre.

Tout en encourageant les Fardc pour les efforts qui sont en train d’être menés sur le terrain, la population insiste sur la détermination politique à tout mettre en œuvre afin d’éradiquer complètement ces groupes rebelles en vue du retour effectif de la paix dans cette partie du pays. Le redéploiement des unités qui n’ont pas la confiance de la population s’impose.

Dans son discours, le chef de l’État congolais avait annoncé , notamment le relèvement de 11 mille éléments remplacés par 21 mille autres ainsi que le changement total des unités des commandements basées dans toute la zone opérationnelle dans la partie Est du pays.

Jinnat Ivota/correspondant -Beni