Le Gouvernement pourrait -il céder face à l’indignation unanime de la population sur une pseudo-journée de l’alternance avec à la clé une gabegie financière de 6 millions de dollars américains?
En tout cas depuis l’annonce par le Gouvernement visant à fêter le 24 janvier et de l’instituer en journée de l’alternance, en commémoration du passage de pouvoir entre Félix-Antoine Tshisekedi et son prédécesseur, d’aucuns qualifient l’initiative de bêtise ou d’insulte à la population à la cité comme dans les réseaux sociaux.
Cette pression unanime et populaire a poussé le 1er ministre Ilunga Ilunkamba à opérer promptement un volte volte-face, évitant ainsi d’ouvrir un front – contre son gouvernement – jusque dans son propre camp.
Réagissant à l’annonce de l’émission d’un billet de banque pour immortaliser la passation pacifique du pouvoir, le président de la ligue des jeunes du Mouvement de Libération du Congo, Aldarich Luboya, a déclaré avec un air moqueur : » Lesdits billets de banque ne serviront pas pour les transactions, seulement pour les louanges et adorations.
L’idée de décaisser 6 millions de dollars, pas pour aider nos compatriotes sinistrés à Beni ou le pays, ni pour appuyer la gratuité de l’enseignement, mais uniquement pour ascenser, louer , adorer 2 individus et fêter le deal qui responsable du chaos politique, économique et sociale, de la RDC. Les jeunes du MLC disent NON à cette inscoscience de l’état. »
José Tasoki, professeur de droit à l’Université de Kinshasa renchérit : » 6 millions ne représentent rien aux yeux d’un jouisseur. Célébrer l’an 1 de l’alternance, c’est célébrer la fraude électorale à grande échelle. »
Adolphe Amisi – jeune cadre de l’UDPS – a enfoncé le clou en disant: » le 24 janvier 2020, journée de consommation des 6 millions de dollars américains.Or, nous – la base – nous vous conseillons d’affecter cet argent dans la construction de nos écoles pour que la gratuité de l’enseignement en 2020 ne rencontre aucune difficulté concernant les capacités d’accueil de nos écoles. Nous disons trois fois NON à la consommation de 6 millions pour ces festivités, il y a beaucoup de priorités pour notre peuple. » Cette réaction est une façon claire de rappeler aux dirigeants de son parti et ceux qui gèrent le pays que plus qu’un slogan, « peuple d’abord » doit se matérialiser concrètement et non « le ventre d’abord. »
Réfléchissant sur le même sujet, Aimé Businga a écrit : » intellectuellement: il n’y a aucune explication rationnelle pour justifier ce choix, dans les conditions actuelles du pays. Effectuer des dépenses folles et improductives est une aberration. Nous sommes un pays avec l’une des économies les moins performantes du monde. Socialement : C’est un malaise. Spirituellement: C’est un péché. »
Stéphane Manzanza analyste politique pro CACH fustige cette gabegie financière en évoquant l’insécurité dans la partie orientale du pays: » l’alternance est prétendument pacifique alors qu’elle a été précédée d’une effusion de sang et que les assauts meurtriers ôtent quotidiennement la vie de nos concitoyens?
Commémorer ? Oui! Festoyer ? Non!
6 millions de dollars US représentent 3 drones militaires armés et une grande partie du problème de Beni résolue. »
Samuel Ramazani Yaombeti quant à lui, n’est pas allé par quatre chemins, il a exercé la pression au gouvernement à travers la publication sur sa page Facebook : » 6 millions de dollars pour fêter l’alternance, alors que certains compatriotes souffrent de la famine dans certains coins du pays abandonnés à leur triste sort? Peuple fungola misu. » A-t-il conclu pour appeler les congolais à la vigilance.
Des réactions unanimes pour dire NON à ce gouvernement qui semble plus préoccupé à se remplir les poches via les projets farfelus et inutiles dans le but de toucher les rétrocommissions, avec l’appui d’un président politiquement faible dont l’action est coulée dans la moule de l’ancien régime? Rien d’étonnant dans une coalition asymétrique et drapée dans les discours populistes, teintés de promesses démagogiques comme dans une campagne électorale.
Et si d’une seule voix, en toute objectivité et courage, les citoyens congolais devaient rester vigilants et surveillants des actions de ces dirigeants, alors on pousserait les animateurs vers le changement tant souhaité.
Alain St. Bwembia


























































