Lancés depuis le mois d’avril 2019, les travaux de construction de 7 sauts-de-mouton à travers la ville de Kinshasa étaient censés fluidifier la circulation et le désagrément que l’on croyait passager s’est installé dans la durée.
Le constat général est que ces ouvrages ont produit un effet inverse en ce qu’ils sont la cause des embouteillages monstres dans la capitale congolaise. Pire, ces bouchons ont favorisé l’augmentation du coût de transport en commun pour les kinois. Les chauffeurs ont saucissonné les lignes autrefois normales en plusieurs courses.
Dans la matérialisation des chantiers de sauts-de-mouton, Safricas s’est taillé la part du lion, car il est le maître d’ouvrage d’au moins 5 chantiers sur les 7 du projet, renseigne un ingénieur en construction qui s’est confié à politiquerdc.net sous le couvert de l’anonymat.
De son point de vue, le retard serait lié à plusieurs raisons techniques et financières. Techniquement, la géotechnique de la ville – ancien lit du fleuve Congo – n’a pas été de grande aide pour les travaux de fondation qui consistaient au forage pour ces constructions sur pieux.
Financièrement, il faut dire que les travaux n’ont pas rencontré le décaissement requis de la part du gouvernement congolais lequel ne cesse d’accumuler des factures.
Toujours d’après notre source, une part importante du montant de 60% de financement déjà décaissé a servi à la commande des poutres métalliques depuis la France. Et selon la morphologie des terrains, chaque ouvrage de saut-de-mouton coûterait entre 3 et 3 millions 500 mille dollars américains. À ce stade, la Safricas est à plus de 40% d’exécution des travaux dans tous ces chantiers, renchérit la même source, qui affirme par ailleurs que n’eût été le défaut pour le gouvernement de décaisser le montant nécessaire au financement de ce projet dont le délai de livraison prévu était de 7 mois au maximum, les travaux seraient déjà terminés.
Ce qui paraît alors compliqué pour le parachèvement de ces ouvrages est que suite au non paiement des factures en souffrance, Safricas a été obligé de mettre les ouvriers en congé technique depuis presque 5 semaines. Cette situation a permis – avec le concours de la pluie – de révéler à la population kinoise la farce sur les travaux entrepris. Alors que Vital Kamerhe – le Directeur de cabinet du président de la République – avait rassuré , au cours d’une sortie médiatique , que l’inauguration de Saut-de-mouton de Pompage devrait impérativement intervenir le 30 janvier dernier, pour la énième fois, la promesse du cabinet présidentiel n’a pas été respecté.
A la place, la population du coin a elle – même procédé à son inauguration avant que celui-ci soit à nouveau refermé par la police.
Ces ouvrages dont l’assurance est de cent ans, risquent de prendre encore plusieurs mois si pas de rester inachevés.
Alain St. Bwembia


























































