Controverse autour de la Congolité : pour Dongo Yemo Mobutu,  » Il ne suffit pas de naître de père et de mère congolais pour prétendre mieux appartenir et servir le Congo »

L’initiative de Noël Tshiani aura soulevé la controverse à laquelle le pays se serait bien passé en ce moment où la cohésion nationale est plus que nécessaire. Au lieu de focaliser l’attention sur des questions qui soulagent le quotidien de la population, le concept de la congolité divise terriblement la population et déchire les QG des partis politiques.
Comme un venin injecté sur un corps étranger, la question de congolité soulevée par le candidat malheureux à la dernière élection présidentielle en RDC, Noël Tshiani Mwadiamvita, suscite de convulsions chez certains politiciens qui voient s’envoler leurs ambitions politiques.

Dans le QG de Ensemble de Moïse Katumbi, la congolité donne des vertiges. Si l’accès à la présidence est verrouillé par la proposition de loi sur la nationalité pondue par Noël Tshiani et endossée par le député Nsingi Pululu; seuls les candidats nés des deux parents congolais pourront désormais accéder à la présidence de la république pour servir le peuple.

Au Mouvement de Libération du Congo, Jean-Pierre Bemba a tranché l’affaire.
Le vendredi 11 juin dernier, le leader du MLC et ancien vice-président a condamné avec véhémence « (…)les discours séparatistes, haineux qui portent atteinte à la cohésion et l’unité nationale, et font reculer la paix, la stabilité ».

Dans une interview accordée à politiquerdc.net, ce dimanche 11 juillet 2021, Dongo Yemo Mobutu, Secrétaire National de ce parti en charge des relations avec les associations, partis et regroupements politiques, appelle plutôt les acteurs politiques à se focaliser sur l’essentiel.
« Je pense que cette question sur la nationalité ou la congolité est abordée avec beaucoup de légèreté et les intentions qui motivent l’évocation de la congolité sont malsaines. La plaie, les problèmes du Congo sont plus profonds et exigent de nous un sens aiguë de responsabilité, de sérénité et de profondeur pour aborder cette question. Évoquer la congolité anticipativement pour écarter certains candidats présidentiables par rapport aux élections est anti-démocratique. Dire dans une loi que la fonction du président de la république est réservé aux seuls Congolais nés de père et de mère est discriminatoire et viole la Constitution du pays en son article 13. Cet article bannit toute discrimination pour l’accès aux fonctions de l’État pour tout individu de nationalité congolaise », pense-t-il.

Une occasion pour lui de rappeler les dispositions de l’article 13 de la constitution qui stipule : « Aucun Congolais ne peut, en matière d’éducation et d’accès aux fonctions publiques ni en aucune autre matière, faire l’objet d’une mesure discriminatoire, qu’elle résulte de la loi ou d’un acte de l’exécutif, en raison de sa religion, de son origine familiale, de sa condition sociale, de sa résidence, de ses opinions ou de ses convictions politiques, de son appartenance à une race, à une ethnie, à une tribu, à une minorité culturelle ou linguistique ».

Et d’ajouter, « en 2023, il y aura des élections et notre processus électoral longtemps confisqué par le pouvoir de Joseph Kabila a besoin de plus d’inclusivité, je veux insister sur le caractère inclusif, de la transparence et de la liberté pour consolider la paix chèrement acquise. Et surtout que cette paix n’est pas encore globale dans notre pays. Nos compatriotes de l’Est souffrent encore de l’insécurité et des tueries. Le président Jean-Pierre Bemba l’a dit quand il a fait appel à nos compatriotes de bannir les discours haineux, tribaux et séparatistes. Une partie de notre pays est sous l’état de siège, nous avons plus besoin de cohésion en tant que peuple pour pacifier la partie orientale du pays ».

Alain St Bwembia

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