Dans la nuit du 13 au 14 avril, près de 300 missiles et drones iraniens ont pris pour cible le territoire israélien. Cette action d’envergure – la première depuis la révolution islamique de 1979 – intervient en réaction à la destruction par l’état hébreu du consulat iranien de Damas, au début du mois, précisément le 1er avril. Cette destruction n’a pas retenu, faut-il le souligner, l’attention de la communauté internationale ni des médias traditionnellement loquaces dans un cas de figure inverse.
Considérant que l’enclave diplomatique fait partie intégrante de son territoire, la République Islamique d’Iran ne pouvait pas rester sans réaction au risque de faire diplomatiquement un aveu d’impuissance à l’ennemi juré et à la planète entière.
Il reste que cette initiative, dans un contexte international compliqué où l’Occident soutient l’Ukraine dans le conflit armé qui l’oppose à la Russie, mais aussi dans l’escalade entre Israël contre le Hamas, en territoire palestinien, il y a un risque sérieux d’embrasement du proche-Orient.
Simultanément à l’attaque iranienne, le Hezbollah libanais et les Houthis – rebelles yéménites, tous deux proches de l’Iran – ont respectivement tiré deux salves de roquettes sur le plateau de Golan, occupé par Israël, et quelques drones en direction du territoire israélien.
À en croire les sources israéliennes, 99% des projectiles iraniens – 170 drones, 110 missiles balistiques et 30 missiles de croisières – ont été neutralisés avant d’atteindre leurs cibles. On signale tout de même le décès d’un enfant, quelques blessés et dégâts matériels mineurs, mais à Téhéran, on jubile du succès de l’opération.
En dehors de son propre système de protection territoriale, Israël a bénéficié du « parapluie de défense » des Alliés dont la Grande Bretagne, la France, les USA, l’Allemagne et la Jordanie. Dans la rivalité fratricide au sein du monde musulman, la Jordanie – essentiellement sunnite – s’oppose à l’Iran, majoritairement chiite.
L’attaque iranienne a occasionné respectivement l’organisation des réunions du G7 et du conseil de sécurité. Si dans le premier cas, la décision diplomatique sera aisée en dépit de la volonté américaine de calmer le jeu, en invitant Israël à ne pas réagir au risque de perdre le bénéfice de sa victoire technologique pour avoir neutralisé la quasi-totalité des attaques iranienne; par contre au conseil de sécurité de sécurité des Nations Unies, les choses seront compliquées . Il va de soi que les États-Unis d’Amérique, la Grande-Bretagne et la France vont adopter une résolution favorable à l’Etat hébreu, mais cette dernière va certainement se fracasser géopolitiquement contre le veto Russo-chinois.
Du côté israélien, habitué à passer outre les résolutions du conseil de sécurité, il serait étonnant qu’à l’issue du conseil de guerre convoqué ce matin dans le bunker, le premier ministre Netanyahu n’ait convaicu les siens sur la nécessité de lever l’option d’une riposte massive et rapide. Seul détenteur de l’arme nucléaire dans la région, Israël trouvera le pretexte – hypothèse hautement probable – d’éteindre les velléités iraniennes d’accéder au cercle fermé des puissances nucléaires. Les Israëliens ont la démangeaison d’anéantir le potentiel nucléaire iranien et ils ne vont pas rater l’occasion de se gratter.
En cas de survenue d’attaque israélienne, le conflit du proche-Orient risque de prendre de l’extension.
En attendant, il reste encore suffisamment de la place pour la diplomatie.
Jean K. MINGA





















































