La guerre d’Ukraine, contrairement à d’autres conflits armées qui se déroulent parallèlement ailleurs, présente la particularité d’entraîner plusieurs acteurs étatiques, fût-ce indirectement. Et dans un tel contexte, l’extension du conflit peut facilement déborder de sa localisation et s’étendre sur un champ incontrôlable. L’exclusivité de sa couverture médiatique au détriment d’autres conflits à l’instar de celui du Congo, donne à penser que les enjeux pourraient se situer ailleurs.
Et comme on le sait, à la base de toute guerre, il y a une ou plusieurs causes – lointaines et immédiates, déclarées ou inavouées – sur laquelle/lesquelles viennent s’appuyer les objectifs à atteindre.
Toutefois, laissant aux historiens la charge de l’exhaustivité, il convient de souligner que si l’événement déclencheur de la seconde guerre mondiale fut l’invasion de la Pologne par l’Allemagne, cette cause immédiate n’était que l’étincelle qui a fini par embraser une situation déjà au bord de l’explosion, notamment:
- la frustration issue du très sévère traité de Versailles
- la crise économique des années 1930
- la montée du fascisme
- Le réarmement de l’Allemagne
- Le culte d’Adolf Hitler
- la politique d’apaisement des puissances occidentales
- etc
Au regard du cercle de similarité des éléments entre le dernier conflit planétaire et les allures de la guerre d’Ukraine, certains analystes sont formels, les risques d’une nouvelle guerre mondiale s’accroît de jour en jour. Elle risque de déboucher sur un troisième conflit planétaire.
En effet, depuis le début de l’escalade, les belligérants se renvoient réciproquement la faute et les responsabilités, et l’espoir de cessez-le-feu s’éloigne inexorablement.
Prenant faits et causes pour l’Ukraine, le camp occidental – piloté par les USA – pointe un doigt accusateur sur la Russie, la désignant d’être la puissance occupante d’une partie de l’Ukraine. Il reproche à la Russie l’annexion de la Crimée suivie d’une partie de Donbass, soutenant ainsi sans compter ni se cacher son protégé, en lui apportant de l’aide sous différentes formes: de l’argent frais et surtout des armes dont le spectre de puissance s’accroît au fur et à mesure que le conflit s’intensifie.
De son côté, estimant que l’Ukraine n’est que l’arbre qui cache la forêt, la Russie accuse l’OTAN – entendez les USA, le Canada et les 32 États membres d’Europe – de vouloir contrôler le monde, en tapant aux doigts de quiconque pourrait potentiellement l’empêcher d’arriver à ses fins. L’OTAN continue, par l’Ukraine interposée, d’étendre son élargissement jusqu’aux portes de la Russie, après avoir avalé, par des vagues successives, les États appartenant autrefois au pacte de Varsovie, déjà dissout. Pour la Russie, c’est une initiative clairement belligène.
Il se trouve que tout en continuant de mener des actions militaires en Ukraine, la Russie venait de porter l’estocade à un autre niveau. Ainsi, comme au temps de l’URSS sous Nikita Khrouchtchev, Moscou venait de dépêcher quelques navires de guerre et un sous-marin à propulsion nucléaire vers Cuba, état insulaire situé à peine à 150 km de la Floride. Moscou assure qu’il n’y a aucune espèce menace, c’est essentiellement un exercice de routine entre la Russie et le Cuba.
Cependant, les États-Unis restent en alerte et surveillent ce déploiement russe, déclarant s’attendre que la Russie déployerait d’autres navires et avions de chasse dans l’île caribéenne.
L’initiative russe rappelle la crise des missiles de Cuba de 1962. Ce fut un affrontement diplomatique et militaire entre les États-Unis et l’union Soviétique. L’issue heureuse de cette crise a été obtenue grâce à des concessions réciproques sous forme d’accord. Krouchtchev s’est engagé de procéder au démantèlement des armes offensives installées à Cuba, en contrepartie de l’engagement de non-invasion de l’île par J. F. Kennedy et du retrait de tous les missiles Jupiter de Turquie, de Grèce et d’Italie.
En considération de ce tableau peu rassurant, il y a lieu de comparer les relations internationales à une partie d’échec à travers laquelle chaque joueur cherche à infliger à son adversaire un échec et mat.
Vue sous cet angle, l’initiative russe est un pari risqué susceptible de déboucher soit sur la désescalade en Ukraine, soit au contraire à aggraver la situation, voire à propulser la planète sur des lendemains incertains quand on sait que les deux superpuissances sont capables d’anéantir l’humanité ou une partie du monde, juste en appuyant le doigt sur le bouton nucléaire.





















































