Le président Paul Kagame a remporté les élections du 15 juillet 2024 avec un score “impressionnant de 99 % des voix”, consolidant ainsi son règne qui s’étend désormais sur plus de trois décennies. Mais cet apparent triomphe électoral soulève une question essentielle : que fera Paul Kagame de plus pour la jeunesse rwandaise qu’il n’a pas déjà tenté en 30 ans de pouvoir ?
Si l’on se fie aux récents événements, notamment la fermeture de plus de 5 600 églises et l’émergence de clubs de strip-tease clandestins, les symptômes d’une crise profonde sont plus apparents que jamais…
Le chômage des jeunes : un problème endémique!
Malgré les promesses réitérées lors de chaque élection, le chômage chez les jeunes reste un défi colossal au Rwanda. Les chiffres officiels montrent un taux de chômage de 24,3 %, selon les données de l’Institut national de la statistique du Rwanda (NISR), mais la réalité est encore plus sombre. Des milliers de jeunes diplômés peinent à trouver des emplois décents. Ces jeunes se retrouvent à accepter des emplois précaires dans le secteur informel, voire à se tourner vers des activités illégales.
Mais, comment un pays qui se vante de sa croissance économique peut-il laisser sa jeunesse sombrer dans le désespoir au point de se tourner vers l’illégalité pour survivre ? Le récent scandale du club de strip-tease clandestin à Kigali, où 22 personnes ont été arrêtées, est un symptôme alarmant des inégalités et du manque d’opportunités qui rongent la société rwandaise.
La jeunesse piégée dans l’ombre de l’économie
Le quartier de Kiyovu, avec ses immeubles flamboyants et ses entreprises internationales, symbolise l’essor économique présumé du Rwanda. Mais cette façade brillante masque une réalité bien plus sombre : les jeunes diplômés, incapables de trouver un emploi, sont contraints de se tourner vers des activités illégales pour survivre. Le raid récent sur un club de strip-tease en est une preuve éclatante. Pour beaucoup de jeunes femmes impliquées, danser dans un tel lieu n’est pas un choix, mais une nécessité dictée par le manque de perspectives économiques.
Il y a quelques années, on parlait déjà à Kigali des jeunes filles qui partaient se prostituer en bus le week-end dans les grandes villes comme Kampala, Goma ou même Bujumbura de peur de la stigmatisation dans une société rwandaise très croyante mais il semble aujourd’hui que la faim et la pauvreté aient pris le dessus sur toute formes de scrupule ou peut être que certaines ne trouvent même plus l’argent pour le bus.
Les églises fermées : un autre symptôme d’un malaise profond
Face au manque d’opportunités, de nombreux jeunes se tournent vers la religion, cherchant réconfort et espoir dans la foi. Cependant, la prolifération des églises – souvent établies par des pasteurs charismatiques attirant des foules avec des promesses de miracles – est également un symptôme du désespoir économique.
Le gouvernement de Kagame a récemment fermé plus de 5.600 (cinq milles six cents) de ces églises, invoquant le non-respect des normes de sécurité et d’hygiène. Mais derrière cette façade de régulation se cache une réalité plus préoccupante : ces églises étaient, pour beaucoup, un refuge pour ceux qui n’ont trouvé nulle part ailleurs un sens à leur vie.
Une répression qui ne traite pas les causes profondes
Les actions du gouvernement, qu’il s’agisse de la fermeture des églises ou de la répression des clubs de strip-tease clandestins, semblent se concentrer sur les symptômes sans jamais s’attaquer aux causes profondes de la crise. Les jeunes Rwandais ne se tournent pas vers des activités illégales ou des cultes religieux par choix, mais par nécessité. Ces fermetures massives d’églises et la répression de clubs clandestins montrent une société en proie à des inégalités croissantes, où les plus vulnérables sont laissés pour compte.
Kagame : un quatrième mandat pour quoi faire ?
Avec une nouvelle “victoire électorale” écrasante, Paul Kagame a maintenant la tâche de prouver que ce quatrième mandat ne sera pas une simple répétition des précédents. Après 30 ans au pouvoir, les jeunes Rwandais attendent des solutions concrètes, pas des promesses vides qu’ils entendent depuis 20 ans à l’époque du fameux plan Vision 2020 qui devait faire de Kigali le Dubaï de l’afrique centrale. La fermeture des églises et la répression des activités illégales ne sont pas des solutions ; elles ne font qu’exposer l’incapacité du gouvernement à offrir des alternatives viables à la jeunesse de notre beau pays.
Vers un avenir incertain pour la jeunesse du Rwanda
Alors que Paul Kagame entame ce nouveau mandat, la jeunesse rwandaise demeure en quête de réponses. Le gouvernement doit maintenant prendre des mesures pour créer de véritables opportunités économiques et sociales pour les jeunes. Sans cela, les symptômes d’une société en crise – qu’il s’agisse de la prolifération des églises ou de l’émergence de clubs clandestins – ne feront que s’aggraver.
Le Rwanda a besoin d’une vision nouvelle et courageuse, une vision qui place la jeunesse au cœur de son avenir!
✍🏾 Jean Luc Habyarimana





















































