C’est à l’issue d’un échange téléphonique ce 15 février 2025 avec son homologue congolais Félix Tshisekedi que le Président français, Emmanuel Macron, a exprimé sa profonde préoccupation face à l’escalade des combats dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), en particulier autour de la ville de Bukavu, capitale provinciale du Sud-Kivu, dans l’est du pays.
« J’ai échangé avec le Président Tshisekedi sur la situation très préoccupante dans le Sud Kivu.
Nous avons exprimé notre accord sur les points suivants:
Nous appelons à un cessez-le-feu immédiat qui doit être respecté par toutes les parties.
Le M23 doit immédiatement se retirer de Bukavu.
Des garanties de sécurité doivent être données pour permettre le retour sans délai des autorités civiles et militaires à Bukavu.
Le M23 doit se retirer de l’aéroport de Kavumu et permettre les vols civils et humanitaires sans entraves », a tweeté le Président Macron.
« J’appelle le Rwanda à soutenir la mise en œuvre de ces mesures d’urgence », a-t-il lancé.
Les affrontements entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les terroristes du Mouvement du 23 mars (M23) se sont intensifiés, menaçant la stabilité régionale et aggravant la crise humanitaire. L’aéroport de Kavumu et la ville de Bukavu ont été pris d’assaut, sans combat, par les envahisseurs du M23, soutenus par l’armée rwandaise. Et ce, malgré le cessez-le-feu décrété quelques jours avant par les chefs de bandes de ce groupe terroriste.
Le M23, un groupe criminel à majorité tutsi, qualifié par Kinshasa de mouvement terroriste, a repris les armes en 2021 après une trêve remontant en 2013. Reconnu de bénéficier par la RDC, les Nations-unies et plusieurs pays occidentaux, du soutien du Rwanda, le M23 a progressivement étendu son contrôle sur plusieurs zones stratégiques de l’est de la RDC. En avril 2024, lors d’une conférence de presse conjointe avec le Président congolais Félix Tshisekedi, Emmanuel Macron avait déjà exhorté le Rwanda à cesser son soutien au M23 et à retirer ses forces du territoire congolais .
En dépit des appels internationaux au cessez-le-feu et au retrait des forces étrangères, les combats se sont poursuivis. En octobre 2024, lors du XIXᵉ Sommet de la Francophonie, Emmanuel Macron a réitéré son appel au retrait du M23 et des troupes rwandaises, tout en encourageant une reprise du dialogue politique pour restaurer pleinement la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC .
La situation a continué de se détériorer, et en janvier 2025, le président français a de nouveau demandé la « fin immédiate de l’offensive du M23 et des forces rwandaises », ainsi que leur retrait du territoire congolais . Les affrontements actuels près de Bukavu marquent une escalade significative du conflit, exacerbant la crise humanitaire et menaçant la stabilité de la région des Grands Lacs.
Face à cette situation critique, Emmanuel Macron a renouvelé son appel au retrait immédiat du M23 et des troupes rwandaises de Bukavu, soulignant l’importance de respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC. Il a également insisté sur la nécessité d’un cessez-le-feu immédiat et d’une reprise du dialogue politique pour parvenir à une paix durable dans la région.
Plusieurs sources locales signalent, depuis ce soir, le retrait des troupes rwandaises de la ville de Bukavu. Les FARDC auraient repris le contrôle de la ville après la débandade observée vendredi.
Rédaction






















































