La Journée nationale de l’Enseignement, annuellement célébrée le 30 avril en République démocratique du Congo, s’est déroulée sans aucune manifestation festive, une atmosphère de totale indifférence, en contrariété avec les habituelles expressions de joie des professionnels de l’enseignement. Sur l’ensemble du territoire de Budjala, aucune activité officielle n’a été organisée en hommage aux enseignants, pourtant acteurs clés de la société.
Un silence lourd – c’est le moins que l’on puisse dire – qui traduit la triste réalité de ceux qui ont choisi de faire la carrière enseignante.
Pour la circonstance, il convient néanmoins de retenir la sortie remarquable d’un homme. Le président de l’intersyndicale des enseignants de Budjala, Fidèle ZINDO BANGANDA, est monté au créneau pour dénoncer la précarité dans laquelle sont plongés les éducateurs de cette contrée. D’après ce derniers, les éducateurs enregistrent deux mois d’arriérés de salaire, du reste insignifiant. Caritas, organisme chargé du paiement des enseignants dans la région, ne s’est encore décidé à s’acquitter de cette obligation.
« Les mois passés ont été marqués par des grèves récurrentes, toujours liées aux retards de paiement. Aujourd’hui encore, les enseignants passent les fêtes sans rien à mettre sous la dent. Et voilà que même la journée qui leur est dédiée se déroule dans l’oubli, faute de moyens. Ils n’ont pas été payés », a déploré Fidèle ZINDO BANGANDA.
Ainsi, le syndicaliste lance un appel pressant au gouvernement congolais pour qu’il intervienne sans délai. « Nous demandons que le gouvernement délivre les enseignants de Budjala de cette souffrance intolérable imposée par le système de paiement actuel géré par Caritas Budjala. »
Jusqu’au moment où nous couchons ces lignes, , aucune réaction n’a été enregistrée du côté des responsables de la Caritas à Budjala, en depit de nombreuses plaintes des enseignants.
La Journée de l’Enseignement, censée être une occasion de reconnaissance et de réflexion sur le rôle fondamental des éducateurs a, au contraire mis en lumière la crise persistante du secteur éducatif dans cette partie du pays.
Honoré Eyenga






















































