Nous célébrons ce samedi 03 Mai, la Journée mondiale de la liberté de la Presse avec quelques observations très inquiétantes :
La pratique « infiltré de la profession«
Être actuellement journaliste en RDC se réduit au fait de tenir une interview, de présenter un programme ou simplement de tenir un micro en main.
Cet accès sans peine ni exigences requises au métier de la Plume a soldé les principes journalistiques dans les abysses des domaines les moins prestigieux.
La Presse est devenue un métier ouvert à tout venant comme la « profession pastorale ». Point n’est donc besoin d’avoir des jumelles pour constater le nombre des moutons-noirs qui s’identifient aux vrais chevaliers de la Plume. Notre domaine n’est pas codé comme le sont d’autres filières: Architecture, Ingénierie, Droit, Médecine, Astronomie… On ne s’improvise pas Médecin, Avocat, Architecte sans passer par des étapes initiatiques (Formation, Serment, Affiliation, Agreement…). En journalisme, on quitte facilement l’Université pour accéder à la rédaction. La plus grande infiltration est celle des individus professionnellement déroutés de leur domaine de prédilection ou simplement ayant fui leur domaine (Économie, Droit, Fiscalité) pour se muer en Journaliste sans avoir bénéficié d’une formation requise.
Il est de temps que les Chérubins du Temple de la Presse (UNPC, JED, CSAC, MIN MÉDIAS) puissent réfléchir au moyen apte de freiner cet afflux massif des parvenus dans un domaine aussi prestigieux sous d’autres cieux. Cet exode professionnel « sauvage » enlaidit le visage de la Presse.
Le prix dérisoire de la plume
Le virus des Moutons-noirs a fragilisé le système immunitaire de la Presse au point d’avilir notre plume journalistique en le rendant vulnérable, dérisoire, bon marché, manipulable et « invendue ».
Aujourd’hui, la plume la plus sollicitée coûte moins 100$, alors que 8 ans passés, deux paragraphes publicitaires ou communicationnels et un petit visuel valaient 500$.
Autrefois, c’est le Politique qui cherchait le Journaliste pour s’octroyer une renommée sociale, afin de vendre ses idées. Hier encore, les partenaires commerciaux deboursaient facilement 3.000$ l’an pour une diffusion publicitaire annuelle. Aujourd’hui, tout est devenu DÉRISOIRE. Un spot publicitaire à la Télé coûte au maximum 100$/mois. Ce contraste amer assèche l’envie d’exercer fièrement ce métier pour lequel beaucoup ont investi leurs ressources tant financières qu’intellectuelles pour s’engager dans la filière académique qui y mène.
La prolifération inutile des médias
Sept congolais sur dix préfèrent s’offrir un bouquet Easy TV, Netflix, Startimes, pour regarder des programmes extérieurs en lieu et place de s’ennuyer sur la TNT.
Et pour cause, des centaines de médias créés et dépourvus de contenu bien thématisé. Sans exagération, on dénombre plus de 300 Chaînes TV et stations Radios sans une grille de programmes identitaires et adaptés au besoin des consommateurs audiovisuels.
Nous avons, rien qu’à Kinshasa, des Médias des malettes, sans installations adéquates ni personnel attitré.
Des journalistes et fonctionnaires des médias sans salaire
Je ne dirai rien au risque de me retrouver involontairement dans l’univers carcéral .
Bref, à travers cette anamnèse, nous pouvons déceler l’incompétence de ceux qui ont la responsabilité du CSAC, de l’UNPC, du MINISTÈRE DES MÉDIAS.
C’est peu dire que d’inscrire les médias d’aujourd’hui dans un même cercle de similarité aux Salons de coiffure, par leur caractère dérisoire. C’est un constat qui ne peut se démentir, en prenant conscience de notre métier.
BONNE FÊTE DE LA PRESSE AUX MOUTONS-NOIRS, LES JOURNALEUX DU MOMENT !






















































