Un rapport confidentiel de l’Inspection générale des Finances (IGF), consulté dimanche par le site d’informations BETO, met en lumière de graves dérives financières liées à l’usage de 55,92 millions USD alloués à la CENCO, l’ECC et l’ONG WINNER.
Selon le document parvenu à ce média congolais, « les constats mettent en évidence de graves dysfonctionnements dans la gestion financière des fonds reçus. Sur un montant total de 55,92 millions USD, les irrégularités relevées concernent 25,06 millions USD, soit près de 45 % des montants alloués ». Cette estimation qualifie d’« irrégularités » des « dépenses sans pièces justificatives, des primes indues, des affectations détournées de l’objet initial et des cas avérés ou présumés de détournement ».
Le rapport détaille les manquements observés :
« À la CENCO (28,5 millions USD), des écarts de gestion ont été observés tant au niveau du Secrétariat Général que dans certains diocèses, pour un total non justifié de 2,29 millions USD. »
À l’ECC, qui a reçu 20,82 millions USD, l’IGF constate « une gestion centralisée opaque, l’absence d’organe de coordination, des pratiques non conformes (primes et salaires non réglementés) et des dépenses sans lien avec les projets à impact visible », pour un montant de 7,90 millions USD de dépenses injustifiées.
Quant à l’ONG WINNER, l’analyse des comptes révèle une « absence totale de traçabilité, justifiant des mesures conservatoires sur ses avoirs », alors que 6,6 millions USD lui ont été versés sans aucun justificatif.
L’Inspection émet deux recommandations fermes :
« La suspension immédiate de tout nouveau financement aux entités concernées » ;
« L’exigence de reddition des comptes pour les fonds non justifiés et non affectés à leur objet initial ».
Ces constatations illustrent, selon l’IGF, « un sérieux déficit de gouvernance, de transparence et de redevabilité, remettant en cause l’efficacité et la crédibilité des mécanismes de partenariat entre l’État et les organisations bénéficiaires ».
Les tentatives de contact de BETO auprès des responsables de la CENCO, de l’ECC et de l’ONG WINNER sont restées infructueuses à la publication de cet article.
Lors d’une sortie médiatique le 9 juin dernier, le Président national du Mouvement de Libération du Congo et vice-Premier ministre chargé des transports, Jean-Pierre Bemba avait évoqué des possibles malversations financières des fonds alloués par le gouvernement de la République pour la réalisation de quelques actions sociales en faveur de la population par certains acteurs de la Cenco et de diocèses de l’église catholique. Ainsi, avait-il invité ces acteurs à se rapprocher de l’IGF pour se procurer une copie de ce rapport afin de se faire une idée sur son contenu. Dans sa déclaration rendue publique quelques jours après, le secrétaire général de la Cenco, Mgr Donatien Shole n’avait apporté aucune réponse au sujet de cette accusation.
Avec BETO






















































