Budjala : la mobilisation populaire s’intensifie pour sauver le pont Saw 1 menacé par l’érosion
Face à l’avancée inquiétante d’une tête d’érosion à moins de dix mètres du pont métallique de Saw 1, dans le territoire de Budjala (province du Sud-Ubangi), la population s’est une nouvelle fois levée comme un seul homme pour faire front à cette menace qui fragilise les infrastructures locales et aggrave l’enclavement.
Ce samedi 2 août 2025, sous l’impulsion de l’administrateur de territoire assistant chargé de l’économie, des finances et du développement, M. Israël Mbaye, des centaines d’habitants se sont réunis pour participer à une nouvelle séance de travaux communautaires le salongo spécial, visant à endiguer la progression de cette ravine destructrice. Houes, pelles, brouettes, machettes, sacs vides… chaque participant est venu avec ses propres moyens, déterminé à défendre les rares acquis de la collectivité.
« Nous allons continuer ces travaux deux fois par semaine, chaque mercredi et chaque samedi, jusqu’à ce que la menace soit écartée », a déclaré sur le terrain M. Mbaye, qui en a appelé à une solidarité plus large.
« Que toutes les filles et tous les fils de Budjala qui portent réellement cette terre dans leur cœur apportent leur contribution, matérielle ou financière. L’avenir de Budjala en dépend », a-t-il insisté.
Alors que l’érosion continue de grignoter les abords du pont Saw 1, véritable point stratégique pour la mobilité dans le territoire, aucune intervention ni du gouvernement provincial, ni du pouvoir central n’a été enregistrée à ce jour. Une indifférence jugée scandaleuse par plusieurs notables locaux, qui dénoncent un abandon délibéré de cette partie du pays.
« On a l’impression que Budjala est condamnée à se débrouiller seule, même face à une urgence aussi grave. Que faut-il de plus pour qu’on nous écoute ? », s’est interrogé un habitant en colère.
Plusieurs têtes d’érosion ont déjà été signalées ces derniers mois à Budjala, sans suite concrète. Si cette dynamique de mobilisation citoyenne constitue une réponse d’urgence salutaire, le silence persistant des autorités risque de transformer ce territoire en une zone enclavée, difficilement accessible et abandonnée à son sort.
Honoré Eyenga






















































